Premiers secours et maintient de capacités. (1/2)

Premiers secours et maintient de capacités. (1/2)

1 octobre 2019 Santé 0

En cas d’incompréhension d’un terme employé, pensez à jeter un œil sur notre lexique.
Et si besoin n’hésitez pas à poser la question en commentaire ou en nous envoyant un mail.

Bien que les livres et articles abordant l’élaboration d’une trousse des premiers secours soient désormais légion, nous avons nous aussi voulu apporter notre vision des choses.
Nous parlons ici de premiers secours, c’est-à-dire d’un ensemble de techniques permettant de stabiliser l’état et/ou préserver les capacités d’une victime jusqu’à ce que celle-ci soit médicalement prise en charge.

“Porter secours”. Ces quelques mots sont lourds de sens puisque dans la majorité des situations nos compétences en matière de premiers secours seront mises en œuvre sur un tiers et non sur nous-mêmes.
Ce n’est pas une fois étendu au sol, en perte de connaissance, que nous pourrons nous être utile à quoi que ce soit.
Se former et mettre en place une trousse de secours polyvalente est donc, en plus d’être une action de préservation, un geste envers autrui. Ne pas le faire peut nous être préjudiciable , ainsi qu’aux personnes qui nous entourent.

Notre idée d’une trousse de secours efficace s’articule autour de deux modules: Stabilisation et Préservation des capacités.
La première à pour but de traiter les urgences vitales.
La seconde quand à elle a pour but de permettre à la victime de rejoindre un point où il lui sera fourni un relais dans les premiers secours ou une prise en charge médicale.

I) Stabiliser :

Les urgences vitales :

Une urgence vitale est une situation dans laquelle la vie de la personne concernée (victime) est immédiatement menacée par un risque de décès si rien n’est fait pour lui porter secours.

Les formes d’urgences vitales :

Une urgence vitale peut se manifester sous la forme d’une hémorragie, d’une obstruction brutale des voies aériennes (OBVA), d’une perte de connaissance (distinct du simple malaise) ou encore d’un arrêt cardio-respiratoire (ACR).
Les deux premières emmenant irrémédiablement vers la dernière.

On ne présente plus les gestes qui sauvent , mais dans un soucis de compréhension, résumons-les cependant avec quelques explications.

Notion globale :
– La respiration apporte de l’oxygène au corps.
– Le sang transporte l’oxygène aux différents organes du corps qui en ont besoin pour fonctionner.
– C’est le cœur qui permet au sang de circuler dans le corps.

/!\ Sans oxygène le cœur s’arrête et sans circulation sanguine la respiration s’arrête. /!\

Hémorragie :
Il faut tout faire pour stopper le saignement afin que le sang puisse continuer à circuler dans le corps et transporter de l’oxygène aux organes.

Obstruction brutale des voies aériennes (OBVA) :
Il faut faire en sorte de libérer les voies aériennes pour que la respiration soit possible afin que le sang soit alimenté en oxygène.

Perte de connaissance :
Tant que la respiration et la circulation sanguine (pouls) sont assurées, il faut veiller à protéger la victime des éventuels dangers extérieurs (intempéries, risque d’accidents) ainsi que des risques d’étouffement par vomissement (mise en position latérale de sécurité).
Les risques liés à la perte de connaissance sont l’arrêt de la circulation sanguine (pouls) et de la respiration. Il faut donc les surveiller régulièrement.

Arrêt cardio-respiratoire (ACR) :
En cas d’arrêt de la respiration et de la circulation sanguine, le massage cardio-respiratoire va permettre d’assurer un apport d’oxygène au sang par des insufflations répétées, ainsi que la circulation sanguine par compressions thoraciques.
Il est donc important d’effectuer ces deux opérations pour garantir la survie de la victime et de ses capacités mentales (oxygénation du cerveau).
Si pour une raison ou pour une autre les insufflations ne sont pas réalisables, la compression thoracique peut à elle seule augmenter les chance de survies de la victime.

Une relation étroite entre elles :

Il est essentiel de comprendre la relation qu’entretiennent les différentes formes d’urgences vitales entre elles.
L’ACR est un arrêt de la respiration ainsi que des battements du cœur. On comprend aisément qu’une hémorragie, qui fait que le sang n’alimente plus le cœur, ou une OBVA, qui fait que les poumons ne sont plus alimentés en oxygène, y conduisent inévitablement.
De la même manière nous pouvons relier la majeure partie des blessures physiques qui existent à l’hémorragie (perte de sang) ou à l’OBVA (impossibilité de respirer). Ainsi nous pouvons tracer mentalement une relation de causes à effets nous permettant de nous adapter à une multitude de situations.

Blessure Hémorragie, OBVA, Perte de connaissance ACR Décès

Fort de cette logique de causes à effets, il nous est donc maintenant possible de trouver par nous-mêmes des solutions pour empêcher une blessure de se transformer en urgence vitale et une urgence vitale en décès.

II) Préserver nos capacités :

Une situation de survie :

Dans son livre, “Manuel de survie en milieu naturel”, David Manise défini simplement une situation de survie comme une situation dans laquelle notre vie est menacée.

Au-delà de cela, il en précise les causes qui sont la perte d’au moins une de nos cinq capacités essentielles:
– La conscience.
– La communication.
– La vision.
– La mobilité.
– La dextérité.

En mettant de côté la communication, qui sera abordée sous un autre angle, et la conscience, qui une fois atteinte est perdue jusqu’à prise en charge médicale, il nous reste donc la vision, la mobilité et la dextérité.

Toujours avancer :

Si nous prenons le temps de définir ce qu’est une situation de survie, et ce qui en est à l’origine, c’est parce qu’il est parfois nécessaire que la victime ait à se déplacer par ses propres moyens jusqu’à trouver une aide médicalisée.
Il est donc primordial d’identifier les capacités qu’il nous faut préserver à cette fin.

La vision : Il est pratiquement impossible pour un individu de s’orienter ou de se déplacer sans cette dernière. Il ne nous est pas non plus possible d’identifier d’éventuels dangers tels que les terrains à risques (crevasses, routes, marécages, etc) ainsi que d’éventuels agresseurs (qu’ils soient humains ou animaux).

La mobilité : Afin de pouvoir se rendre d’un point A à un point B, il faut être capable de se déplacer.
Cela implique de pouvoir utiliser ses jambes et ses pieds mais aussi d’être en état de se mouvoir sans aggraver d’éventuelles blessures sur le reste de son corps.
Nous pouvons prendre par exemple la situation où la victime se retrouve avec un bras cassé avec une certaine distance à parcourir avant de pouvoir trouver de l’aide. Sans le maintien de son bras cassé, elle risque dans un premier temps de voir ses capacités diminuer à cause de la douleur et dans un second temps d’aggraver sa fracture.
Sans mobilité il nous est aussi impossible de nous extraire à un éventuel danger tel qu’un incendie, une agression ou encore une zone exposée au sur-accident.

La dextérité : Nous faisons beaucoup de choses avec nos mains. Utiliser des outils, des véhicules, construire des objets. Il faut donc veiller à les protéger.
Bien que l’on puisse souvent pallier la perte de dextérité fine lorsqu’il s’agit de se déplacer, on peut rarement se passer de notre dextérité dans son ensemble.
Il est en effet possible que nous ayons à ouvrir des portes, à nous hisser au dessus de certains obstacles, à utiliser des outils essentiels à notre survie (briquet, couteau, ficelle) ou même à tirer/transporter des charges.

Se signaler et attendre dans les meilleures conditions :

Il y a des situations où il nous est impossible de nous déplacer pour trouver de l’aide. C’est à ce moment-là qu’intervient un quatrième essentiel, la communication.
En effet, nous ne pouvons pas aller jusqu’aux secours, ce sont les secours qui doivent venir à nous. Pour ce faire, il est important de pouvoir les contacter, via radio ou téléphone par exemple (à noter que la réception du signal est meilleure en hauteur), et d’être en capacité de se situer dans l’espace afin de les guider jusqu’à nous.
Si nous n’avons pas de moyen de communication ou que nous n’arrivons pas à nous situer, il est toujours possible de se rendre visible aux yeux des secours (grâce à des signaux lumineux ou en faisant un feu par exemple).
Dans l’attente des secours, veillez à stabiliser l’état de la victime autant que possible et à la protéger de la température (chaud/froid) et des intempéries.

La prévention avant tout :

“Mieux vaut prévenir que guérir”.
Tout est dit, si l’on ne veut pas avoir à gérer une situation à risque, autant tout faire pour qu’elle n’arrive pas.
Pensez donc à vous protéger de manière adéquate en fonction de vos activités.

III) Aller plus loin : Protection contre les infections.

Une infection, en plus de son caractère incapacitant, entraine presque toujours une aggravation de l’état de santé de la victime. Cela peut aller de la simple fièvre à la nécessité d’amputation, en passant par les risques de septicémie (infection du sang).
Dans le cas où la victime ne pourrait pas être médicalement prise en charge dès la stabilisation de son état de santé, il faut veiller à limiter les risques d’infections.
Pensez donc à protéger les éventuelles plaies des agressions extérieures, voir à les désinfecter si vous en avez la possibilité.

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